Effet miroir

Les oreilles de Laurent Solly ont dû siffler, mercredi matin. Le patron de la filiale française de Facebook qui est arrivé pour le déjeuner des Rencontres de l’Udecam spéciales Présidentielle, n’a pas entendu les quatre candidats ou représentants des candidats réclamer des taxes à l’encontre des GAFA, mais il doit être au courant de l’unanimité que font les géants numériques américains contre eux. D’un extrême à l’autre, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut faire payer ces plateformes pour financer, qui l’audiovisuel public, qui les aides à la presse, qui toute dépense imprévue commandée par la surenchère électorale.

Mais c’est moins pour les propositions des uns et des autres que cette matinée aura été intéressante. Car en fait, ce qu’ont montré les candidats et leurs représentants sur la scène de la salle Wagram, c’est leur ignorance de la réalité de l’industrie de la communication. Dans la bouche de la plupart d’entre eux, la publicité est un mal nécessaire et la seule presse qui les intéresse est celle qui parle d’eux. Une méconnaissance – pour ne pas dire un manque d’intérêt chez certains — qui démontre à quel point les Rencontres étaient utiles. Car il va falloir que la profession dans son ensemble continue le travail entamé ces derniers mois pour se faire connaître et comprendre de ce monde qui ne voit la communication que comme le miroir de ses ambitions.

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