Le crise du JDD s’invite à l’Assemblée nationale

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La crise au Journal du Dimanche s'est invitée mercredi à l'Assemblée nationale à travers une proposition de loi transpartisane pour protéger la liberté éditoriale des médias, une initiative saluée par les grévistes même si elle ne suffira pas à "sauver" l'hebdomadaire, absent des kiosques depuis un mois.

La rédaction du Journal du dimanche a de nouveau reconduit massivement la grève démarrée le 22 juin pour contester l'arrivée à sa tête de Geoffroy Lejeune, ancien directeur de la rédaction de l'hebdomadaire d'extrême droite Valeurs Actuelles, et réclamer des garanties d'indépendance juridique et éditoriale. "Nos revendications sont toujours les mêmes", a résumé auprès de l'AFP le journaliste du JDD Guillaume Caire, en marge d'un rassemblement qui a réuni non loin du Palais-Bourbon près d'une centaine de personnes, à l'appel de la Société des journalistes (SDJ) du titre.   "Pour pouvoir lever la grève, il faudra répondre à ces deux demandes", a-t-il martelé lors de la manifestation

Après le sénateur socialiste David Assouline, qui a déposé une proposition de loi sur le sujet la semaine dernière, des députés de huit groupes politiques (hors RN et LR) ont présenté la leur mercredi, afin de réformer les aides à la presse pour donner davantage de droits aux journalistes. "Les prises d'assaut de médias se sont multipliées ces dernières années" et il faut "un coup d'arrêt à cette dérive", considère l'écologiste Sophie Taillé-Polian, à l'initiative du texte. Ce dernier prévoit que les aides publiques aux entreprises de presse ne soient accordées que s'il existe en leur sein une procédure d'agrément du directeur de la rédaction par les journalistes. La même condition serait posée pour l'attribution d'un canal télé ou radio. Problème : ses signataires, qui porteront également des amendements sur le sujet au projet de loi de finances à l'automne, espèrent un examen au mieux dans les prochains mois par l'Assemblée nationale.

"On espère que notre situation sera résolue d'ici là", commente Guillaume Caire. L'initiative permettra toutefois, "au-delà du Journal du dimanche, de protéger les autres rédactions", dit-il, saluant également le lancement en septembre des Etats généraux de l'information, promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Au JDD, des discussions "doivent s'engager sur la rédaction d'une charte", indique la journaliste gréviste Sarah Paillou à l'AFP. Sollicité par la SDJ pour la rédaction de ce texte, l'avocat Jean-Pierre Mignard précise à ce sujet chercher des "formules de consensus dans la désignation des directeurs" de rédaction entre les journalistes et leur actionnaire.  Malgré cette "forme d'ouverture" de sa part, la direction de Lagardère, qui n'a pas souhaité commenter, reste "inflexible" sur la nomination de Geoffroy Lejeune, déplore Sarah Paillou. En cas de poursuite de la grève au-delà de dimanche, le JDD aura dépassé les 31 jours de grève menés en 2016 par la rédaction d'i-Télé après son passage dans le giron de Vincent Bolloré.

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