Olivier Altmann, co-fondateur d’Altmann+Pacreau

Une anecdote, un souvenir fort, une prise de conscience, une expérience personnelle de la grand-messe de la créativité. Chacun a sa petite histoire du Festival. Toute la semaine, une personnalité nous livre ses confidences passées ou ses espérances futures sur l'événement cannois.

"Cette année, je vais vivre mon trentième Cannes Lions ! J'ai forcément beaucoup de souvenirs de cet évènement auquel j'assiste depuis mes premières années dans la publicité. La compétition a, de fait, beaucoup évolué au fil des ans : explosion des catégories, des prix, on s'y perd à présent. Mais un autre élément a également changé, c'est la réaction du public à l'annonce des Lions gagnés. De mes premières années à Cannes, j'ai le souvenir de salles surchauffées qui n'hésitaient pas siffler à un Gold Lion parce que le public estimait que c'était un film plutôt "facile" récompensé avec un peu trop d'honneur. Mais le plus gros chahut a certainement été quand, en 1995, Sir Frank Lowe, pionnier de la publicité, a annoncé ne pas remettre de Grand Prix pour cette édition. A l'époque, il n'y avait encore qu'un seul Grand Prix, celui de la catégorie Film. Cette année-là donc, Sir Frank Lowe a donc décidé, de manière arbitraire, de ne pas décerner la récompense ultime. Il a ainsi marqué l'histoire du Festival de son empreinte, peut-être que c'est ce qu'il cherchait. Après cette annonce qui avait fait siffler le public, le Festival a rappelé ensuite que décerner un Grand Prix était obligatoire. Aujourd'hui, cela peut encore arriver dans certaines catégories mais comme tout est plus dilué, cela a moins d'impact qu'à cette époque. Je me rappelle aussi de quelques larmes de créatifs sur la Croisette pour des Lions seulement de Bronze et de quelques joies immenses pour des Gold. Aujourd'hui, j'ai l'impression que le jeu consiste plutôt à ramener le maximum de prix par catégorie. J'aimerais revenir à plus de simplicité, que l'on se reconcentre sur l'idée - la bonne idée -, quel que soit le média au final."

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