Stéphane Perrot (Serviceplan): "La difficulté d’anticipation doit favoriser la vision"

Stéphane Perrot

Quatrième semaine de confinement et CB News poursuit ses entretiens avec des responsables du monde de la communication. Ce matin, rencontre avec Stéphane Perrot, directeur général de Serviceplan.

1) Comment -vous et votre agence- allez-vous ?

Cette question doit se placer d’abord sous l’angle de la santé. Tout le monde va bien, pour l’instant. D’un point de vue économique, nous tirerons à la fin le bilan de cette période qui va, comme pour beaucoup d’acteurs du secteur, impacter fortement notre année (qui fiscalement s’arrête à fin juin) et l’année à venir.   L’anticipation est la clef pour pouvoir résister aux potentielles futures vagues qui nous attendent. L’enjeu ce sont les talents, nous devons les préserver pour pouvoir penser à l’après. En limitant les dépenses, en resserrant les équipes, tout le monde a pu être maintenu en télétravail. Mais c’est une lutte de longue haleine. Le vrai challenge est là : préparer l’avenir sans réelle capacité d’anticipation. Donc il faut agir, prendre des décisions, parfois se planter et recalibrer. Vite. Très vite. Cette situation apprend ou réapprend à mettre sur le même plan humilité et réactivité. Le groupe fête cette année ses 50 ans, et notre slogan anniversaire « Born Integrated » est encore plus mis en exergue en ces temps où toutes les agences du groupe (Serviceplan, Mediaplus, Plan.net, Solutions et Trinity films) resserrent encore plus leurs liens par des actions et décisions communes.

2) Qu’avez-vous mis en place avec vos clients pour continuer vos missions ?

Une priorisation plus efficace et partagée des sujets et surtout un travail à deux échelles de temporalité systématique. Traiter l’urgence, le quotidien, les modifications de stratégies media, les remontages en catastrophe (et à distance), et en même temps réfléchir à la stratégie de l’après. Ça ouvre aussi des portes sur la redéfinition plus fondamentale de certaines plateformes de marque. C’est compliqué d’anticiper, donc essayons de nous projeter plus loin. La difficulté d’anticipation doit favoriser la vision. Les marques qui s’en sortiront sont celles qui sauront se projeter beaucoup plus loin que les autres.

3) Comment les demandes de vos clients et partenaires ont-elles évolué ?

Nous devons gérer des disparités énormes entre des clients qui ont stoppé (au mieux reporté sans garantie) leurs actions et ceux qui ont contraire sont entrés dans une phase hypra réactive presque frénétique. La frénésie vient du même mal auquel nous sommes tous toutes et tous confrontés. La question de la non-finitude de la crise. Quand allons-nous en sortir ? Comment allons-nous en sortir ? Quelles options ? Nous devons élaborer des hypothèses et des scenarii multiples. Ce n’est plus une stratégie et 3 angles créatifs. Ce sont plusieurs scenarii et autant de générosité créative. Nous essayons de leur apporter le recul nécessaire tout en restant agile. A l’agence, je peux compter sur une énorme faculté d’adaptation et d’entraide. Les spécialistes d’un sujet deviennent forces motrices nouvelles pour aider leur voisin. C’est d’ailleurs avant tout une affaire de femmes et d’hommes plus que d’organisation. Avec les clients j’ai le sentiment que les contacts sont encore plus directs, les discussions encore plus franches, une certaine partie du process tombe (les chaines de validation se raccourcissent). J’espère que nous en garderons certains bénéfices dans le futur.

4) Comment pouvez-vous être utile, votre entreprise et votre activité en particulier, à la société ?

Je vais être sincère. Ce sont nos clients qui, je l’espère, se rendront encore plus utiles à la société. L’agence est là pour les stimuler, les accompagner dans ce mouvement. Mon utilité est de rendre mes clients utiles. Et je ne peux le faire qu’en maintenant la pérennité des talents de l’agence.

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