Guillaume Bazaille (Bazaille Consulting) : « la notion de conseil prend toute son importance dans ces moments »

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Avec cette 5ème semaine de confinement, CB news poursuit ses entretiens avec les professionnels de la publicité, de la création, du marketing, des médias, de la high-tech… Aujourd’hui, l’éclairage de Guillaume Bazaille, président-fondateur de l'agence Bazaille Consulting.

Nous entrons dans la 5ème semaine de confinement… Comment va Bazaille consulting ?

Comme tout le monde, je n’imaginais pas une telle crise et les conséquences qu'elle va avoir. L’humanité a été sidérée par une incontrôlable déferlante – une pandémie - qui, inconsciemment, nous semblait devoir appartenir à des temps révolus… Nous redécouvrons, individuellement comme collectivement, que nous sommes vulnérables. C’est une leçon d’humilité pour chacun. Bien sûr, alors que nous fêtons les 5 ans de Bazaille Consulting ce mois-ci, nous vivons dans une période très difficile, comme tous les acteurs du secteur de la communication personne ne peut le nier ! Le fait d'être dans le flou, sans date précise de sortie -et donc de reprise- rend les choses encore plus compliquées. À nous d’être inventifs et résilients !

Vos process, vos créations, vos dispositifs. Tout a été bousculé, remis en cause ? Qu’attendent vos clients de vous aujourd’hui ?

Il a fallu s'adapter dès les premières heures du confinement. Grâce au télétravail que nous pratiquons depuis plusieurs années, l'ensemble de l'agence a pu être opérationnel immédiatement, et ainsi être présent pour nos clients et partenaires. Certains de nos clients, notamment dans les secteurs de l'hôtellerie, du transport aérien ou de l’édition sont particulièrement impactés par la crise. La notion de conseil prend toute son importance dans ces moments. Une agence n'est pas là uniquement pour accompagner une entreprise lorsqu'elle va bien, lorsqu'elle est en pleine croissance, il faut aussi savoir répondre aux besoins dans des moments difficiles comme celui que nous traversons actuellement. Je constate une évolution dans nos relations à tous les échelons, une plus grande confiance, plus d'empathie, comme si la crise nous rapprochait. Paradoxalement malgré la distance, jamais nous n'aurons été si proches les uns des autres. Sur le fonctionnement, bien entendu le numérique prend toute sa place dans nos proccess au quotidien, de nouvelles façons de travailler apparaissent, ce qui n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Nous gagnons en agilité ! C’est un acquis qui restera.

Mesurez-vous d’ores et déjà l’impact financier d’une telle crise ?

L'impact est présent, et clairement il aura une incidence pour tout le monde à la fin de l'année. À nous de travailler pour imaginer comment traverser au mieux cette tempête, et bien sûr préparer la suite. L'anticipation sera une des clés pour limiter la casse, aussi bien pour nous que pour nos clients.

Des raisons d’être raisonnablement optimiste ? C’est quoi le monde d’après ?

Oui il faut être optimiste, j’ai pour habitude de voir le verre à moitié plein. Je n’imagine pas après cette période faire comme si rien ne s’était passé ! On constate un vrai retour à ce qui nous apparaît comme essentiel : proximité et solidarité, exigence environnementale, valorisation du local, primat de l’humain et de la santé sur l’économique... Est-ce juste pour le temps du confinement ? Ou bien nos habitudes vont changer pour les mois et années à venir ? En réalité, je pense que nous sommes déjà dans le monde d'après. Cette crise est en train de marquer toute une génération, et chacun aura en tête qu'elle peut être amenée à se reproduire. C'est quelque chose avec lequel nous devrons vivre et donc être prêts. Les entreprises vont vouloir se démarquer dans les valeurs qu'elles auront à cœur de transmettre. D'ailleurs cela a déjà débuté avec toutes ces sociétés qui adaptent leurs productions pour se rendre utile. Et c'est une très bonne chose ! Le rôle de l'État sera primordial pour en sortir et éviter qu’une récession durable succède à cette crise sanitaire mais la société civile montre également toute sa faculté d’adaptation et d’inventivité. Cette période doit être l’occasion pour chacun de faire le bilan de son action et d’imaginer comment faire évoluer les choses. À nous d’accompagner les entreprises qui s’engagent dans cette voie.

Alors oui, soyons optimistes : notre monde peut ressortir meilleur de cette pandémie, une épreuve fait toujours grandir. En tout cas, j’ai la conviction que l’agence va gagner en expérience, en maturité, en créativité.  

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