Hugo Legrand-Nathan (Birth) "nous sommes une petite armée solide"

Hugo Legrand-Nathan - Birth

Les voix des producteurs ne sont pas oubliées dans cette série que CB News poursuit sur les effets de la crise sanitaire et économique sur l'activité des entreprises. Hugo Legrand-Nathan, fondateur et producteur des entités Birth Paris, Birth London et 2 Horloges s'est prêté à l'exercice de l'interview. A chaud.

1) COMMENT RÉAGISSEZ-VOUS FACE À CETTE CRISE SANITAIRE ? POUR VOS SALARIÉS ? VOS PARTENAIRES, NOTAMMENT FREE-LANCES ?

Hugo Legrand-Nathan : ce sont les premiers jours de cette expérience unique et un peu triste je l’avoue.  L’organisation en ces circonstances est un nouveau défi pour nous. Nous avons tout de suite pris la mesure des annonces qui allaient suivre. Donc, nous nous sommes organisés et notamment en post production. Puis, conformément aux annonces du gouvernement, nous avons fermé les bureaux et partagé les consignes à notre équipe. Nous commençons à mettre les choses en place pour que l’activité continue avec nos équipes, nos clients et nos réalisateurs. Nos équipes avaient achevé récemment l’installation de nouveaux outils de travail collaboratif chez Birth Paris, 2Horloges à Alger et Birth London pour faciliter les échanges entre nos trois bureaux donc nous allons pouvoir les tester en grandeur nature y compris de "Paris à Paris". Les tournages sont à l’arrêt, mais beaucoup de chantiers peuvent continuer à avancer dans les département créatifs, pitchs, développement de scenario, communication, commercial.

2) COMMENCEZ-VOUS À EN MESURER L'IMPACT FINANCIER ?

Hugo Legrand-Nathan : d’un point de vue macro, j’ai du mal à me prononcer. J’ai l’impression que les grands groupes vont être en grandes difficultés ce qui va, par rebond nous impacter. A notre niveau, la vie d’une production est toujours une gestion compliquée. En dehors de ce tragique événement, nous sommes habitués à avoir des pics de croissance forts, mais aussi de décroissance. Dans d’autres circonstances, dans le passé, nous avons dû ajuster nos curseurs pour faire face à l’évolution de notre activité. Pour le moment, nous vivons sur nos réserves en essayant d’être vigilants sur les coûts. De fait, l’arrêt total de l’activité entraîne aussi la baisse de nos dépenses, puisqu’une partie de nos partenaires sont freelances travaillent sur les gestions des pitchs et des tournages qui sont tous l’arrêt.  Combien de temps ça va durer ? C’est là la vraie question car en tant qu’indépendants, nos réserves ne sont pas infinies. Nous sommes une petite armée solide, mais dans quel état vont se retrouver les grands groupes d’une part, et l’économie dans sa globalité d'autre part. C’est une équation que je ne peux pas mesurer à mon niveau, mais si l’épidémie n’est pas endiguée rapidement, il va y avoir de la casse.

3) COMMENT RÉAGISSENT VOS CLIENTS ? REPORTS DE CAMPAGNES/TOURNAGES, CHANGEMENT DE STRATÉGIES DE COMMUNICATION ?

Hugo Legrand-Nathan : tous les projets sont annulés ou reportés. Rien de plus à ajouter. J’encourage tout le monde à rester tout de même en action et à planifier le retour en force dès que nous aurons réussi à vaincre ce fléau.  Seuls les tournages sont à l’arrêt, mais cela ne nous empêche pas de réfléchir et de se préparer à "l’après coronavirus". 

4) SELON VOUS, COMMENT POUVEZ-VOUS ÊTRE UTILE - VOS SOCIéTES DE PRODUCTION ET VOTRE SECTEUR - À LA SOCIÉTÉ EN CE MOMENT ?

Hugo Legrand-Nathannotre pouvoir d’action reste limité vis à vis de la société d’un point de vue macro. Au niveau micro, nous serons solidaires de nos employés, restons focus quotidiennement avec tous nos réalisateurs, solidaires de nos freelances. Je pense que c’est le moment de faire preuve de notre solidarité en interne et de resserrer, plus que jamais, les liens avec tout le monde qui a fait l’effervescence de Birth depuis sa création.  Nous avons besoin de garder le moral, de rester vivant, de parler, de créer, d’écrire et que nos réalisateurs soient plus jamais inspirés et inspirants. Le moral de chacun d’entre nous jouera sur l’ensemble du pays. Divulguer l’espoir et donner le moral aux troupes, c’est déjà notre devoir pour éviter que notre équipe se sente abandonnée. Nous allons essayer - dans les jours qui viennent- à continuer de créer du contenu malgré ces restrictions si dures pour notre secteur. 

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