Pascal Brouet (Groupe EBRA) : « la PQR est dans une position favorable pour participer à l’évolution post-crise »

brouet

Avec cette 5ème semaine de confinement, CB news poursuit ses entretiens avec les professionnels de la publicité, de la création, du marketing, des médias, de la high-tech… Aujourd’hui, l’éclairage de Pascal Brouet, directeur marketing stratégique et développement du Groupe EBRA (Le Républicain Lorrain, L’Est Républicain, Vosges Matin, Les Dernières Nouvelles Alsace, l’Alsace, le Bien Public, le Journal de Saône-et-Loire et le Progrès).

Nous entrons dans la 5ème de confinement. Vos process, vos dispositifs médias, vos clients… Tout était à revoir ?

L’ensemble du groupe EBRA a été mobilisé pour faire face aux changements et aux conséquences de la crise sanitaire actuelle ; Avec deux priorités. D’abord protéger nos collaborateurs, notamment nos équipes d’Alsace qui ont été particulièrement touchées. Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer au maximum la distance sociale, l’information sur les gestes barrières, les conseils pratiques et la prise en compte des cas particuliers qui nécessitaient l’appui du groupe. La direction des ressources humaines a également mis en place une lettre hebdomadaire pour conserver le lien avec l’ensemble de nos salariés et les informer sur l’évolution de la crise. Ensuite, informer et soutenir nos clients : continuer à assurer une information de qualité et de proximité. Poursuivre la communication avec nos annonceurs publicitaires et nos lecteurs au travers de newsletter et d’informations spécifiques. Nous avons également construit une opération gratuite dédiée aux PME afin qu’ils gardent le contact avec leur clientèle, sur le papier comme sur le digital, dans l’esprit de notre relation de confiance et de long terme.

Nous nous sommes bien sûr aussi adaptés en termes d’organisation (télétravail généralisé, comités exécutif resserré et centrés les décisions agiles et opérationnelles, mise en place pour certains collaborateurs du chômage partiel etc..). Je tiens d’ailleurs à souligner l’engagement des collaborateurs du groupe, ainsi celui des partenaires sociaux avec qui nous avons pu avoir un dialogue ouvert et constructif.

Mesurez-vous d’ores et déjà l’impact financier d’une telle crise pour la régie ?

Nous avons effectivement établi différentes projections. Nous avons évidemment une baisse très forte de la publicité, de l’ordre de 60% sur les mois de mars et avril. Notre activité événementielle a, elle aussi, été très touchée avec les différentes interdictions de rassemblement. Pour l’instant, tous les événements jusqu’en juin ont été annulé ou reportés ; point positif, nous avons une très forte progression d’audience et un rythme d’acquisition d’abonnés numériques qui a été multiplié par 3 durant les quatre dernières semaines. Cela ne contrebalance pas totalement les effets du confinement en vente au numéro notamment, mais cela confirme la pertinence de nos offres et de nos contenus et porte une tendance positive sur l’avenir.

La dynamique de Groupe engagée il y a deux ans, permet également à nos 9 titres de s’appuyer sur des structures solides pour faire face à cet événement exceptionnel. Il faut cependant être très prudent sur les différentes hypothèses qui sont faites en ce moment. En effet, les différentes possibilités de déconfinement (en termes de timing ou de méthodologie) rendent les projections sur le rythme et la profondeur de la reprise très aléatoires.

Que vous inspire l’idée italienne de permettre aux annonceurs de bénéficier d’un crédit d’impôt de 30% s’ils investissent publicitairement dans les médias ? Les professionnels français y semblent très favorables. Le Gouvernement y réfléchit. Une piste intéressante ?

Nous sommes bien évidemment en faveur d’une mesure de ce type. Les audiences des titres de presse d’information générales démontrent encore une fois, l’intérêt que les français portent à une information de qualité, vérifiée, et ancrée dans leurs préoccupations quotidiennes. Le secteur de la publicité est forcément un des premiers touchés. Il est fondamental d’aider les annonceurs à communiquer vers leurs clients au moment de la reprise qui sera évidemment d’une importance capitale pour leur santé financière et l’économie française. C’est pourquoi, il est crucial que ce type de dispositif soit décidé le plus en amont que possible de la reprise afin d’aider les entreprises à planifier et construire leurs plans de communication.

Quand et comment pour les médias sortir par le haut d’une telle situation ? C’est quoi le monde d’après pour votre régie ?

 La situation actuelle montre que le rôle des media doit continuer d’être déterminant. À la fois en tant que diffuseur de l’information, mais aussi en tant que véritable acteur de l’économie. La Presse Quotidienne Régionale est, à mon avis, dans une position favorable pour participer à l’évolution post-crise. En tant que partenaire des territoires, nous devons continuer à assurer les fondamentaux de notre métier, mais également apprendre à savoir être plus agiles, plus innovants pour nos clients.

La dimension locale de l’économie et des échanges va très surement devenir de plus en plus prépondérante. Le lien de proximité qui nous unis à nos lecteurs doit être le centre de notre évolution.

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