Baromètre Sup De Com : la com recrute

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(© Plush Design Studio, Unsplash)

Les métiers de la communication recrutent-ils ? Qu’attendent les employeurs et les annonceurs ? Pour y répondre, Sup De Com dresse son nouveau baromètre, composé de regards croisés d’experts du secteur et de chiffres en matière de recrutement pour mieux appréhender les recrutements, aussi bien auprès d’entreprises privées, publiques commerciales, territoriales ou associatives.

La communication recrute bien  

À la question « Avez-vous recruté au cours des 12 derniers mois ? » plus d’une entreprise interrogée sur deux répond par l’affirmative dans la nouvelle édition du baromètre de Sup De Com, qui a pour habitude de publier fréquemment des études sur ce secteur. Le chiffre est stable entre 2014 à 2017, variant de 51% à 54% . Une bonne nouvelle pour les nouvelles recrues arrivant sur le marché du travail. Aussi pour 2018, une accélération est notable puisque 6/10 organisations (61,2% exactement) ont procédé à un recrutement. Mais ces embauches sont-elles des remplacements divers, ou correspondent-elles à des créations de postes ?

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(© Vasily Koloda, unsplash)

 

6/10 procédures en tout cas, le sont (59,3% en moyenne sur les 5 années).  En 2017 et 2018 également,  les entreprises paraissent particulièrement favorables aux créations de postes avec des taux de 67% pour 2017 et de 62,3% pour 2018. Mais Sup De Com est allé plus loin dans cette analyse du marché, se questionnant également sur le niveau d’études nécessaire pour tenter sa chance en entreprise.  Et ce, à l’heure du recrutement qui se fait via les réseaux sociaux, « Côté demandeurs d’emploi, Linkedin est devenu incontournable pour être vu et rentrer en relation avec des RH. Sur 2019 la digitalisation du recrutement va très certainement se poursuivre, avec des fonctionnalités encore plus flexibles et poussées, pour les demandeurs d’emplois, étudiants, et ainsi leur faciliter la recherche d’entreprise en besoin de profils », explique d'ailleurs Anthony Rochand, co-fondateur Les Experts du Web dans un communiqué. 

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Quel niveau d’études pour devenir communiquant ?

Toujours selon l’étude, l’attention serait portée sur des profils ayant en priorité atteint le niveau Bac+5. En moyenne, 46,4% des postes ont été recrutés à Bac+5 et 20% à Bac+4. Quant aux niveaux licences/bachelors, ces derniers représentent 18,5% des recrutements et les Bac+2 (BTS, DUT), 12,5%. Autre nouvelle positive : les recrutements de futurs talents de niveau Bac+5 ont accéléré au cours des deux dernières années avec en 2017, un recruté sur deux (51,6%). La raison de cette vague ? Sans doute une résonance à la baisse du niveau de diplomation (Accords de Bologne). Quant à la baisse progressive des niveaux d’embauches à Bac+3, celle-ci peut être due au fait, que d'une part le diplômé de niveau licence a de plus en plus tendance à vouloir poursuivre ses études en niveau Master (persuadé que cela lui permettra de postuler à des postes plus stratégiques et plus axés sur le management), la seconde, par le fait que l’identification du titre de Bachelor reste encore peu connu et peu reconnu des recruteurs. Or, certains bachelors en communication permettent d’acquérir de vraies compétences pour des fonctions de chargé de projet ou de responsable de communication; le code RNCP comptant notamment une bonne vingtaine de certifications de ce type, de niveau II…

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UNE Expérience MOINDRE ATTENdUE

Autre segment analysé par l’école : l’expérience attendue des jeunes recrues en agences, vis-à-vis de leur employeur. Une personne recrutée sur deux en effet, a au moins deux années d'expérience professionnelle mais le secteur est propice pour qu'elle tente sa chance. Parfois-même, les portes sont ouvertes à ceux qui n'ont qu’une seule année d’expérience (1 recruté sur 4). De plus, les recruteurs semblent prêts à parier sur la personnalité avant l’expérience.  

Parlons savoir-faire…

Si l’expérience compte, le savoir-faire aussi. L’annonceur et l’agence attendent en effet des  juniors, un sens créatif et de la disponibilité pour travailler sur divers projets. Ils attendent surtout d’eux des connaissances en matière d’infographie, de rédactionnel, de gestion des réseaux sociaux, de projet et de connaissances poussées du web. La maitrise des outils PAO fait également partir des constantes et de ces codes. Placée au 1er rang des attentes en 2014, cette dernière a cependant été détrônée dès 2015 par le rédactionnel et supplantée , à partir de 2016 par les outils du web. Sans doute doit-on y voir le signe que la maîtrise des outils tels qu’InDesign, Photoshop et Illustrator ? « C’est l’informatique qui a bouleversé les métiers de la communication et les a obligés à intégrer beaucoup plus de technicité, avec principalement la PAO, qui a révolutionné toute l’édition, comme la création imprimée, principal support de communication, à l’époque, décliné sous de nombreux formats », explique  Frédéric Fougerat, Dircom de Foncia dans un communiqué. Autre souhait des recruteurs : l’autonomie, véritable pré-requis, aussi bien dans les petites que dans les moyennes structures. À compter de 2015, on observe que les qualités rédactionnelles deviennent une exigence : savoir écrire, écrire sur le web et maîtriser sa langue, c'est tout simplement la norme pour postuler à des offres de community manager. Enfin, la gestion de projet est devenu un critère de sélection depuis 2017; les entreprises étant désireuses de bénéficier de profils multi-tâches , notamment portés sur de l'évènementiel. En ce qui concerne la gestion du web cette fois-ci, il s'agit de la compétence la plus en progression sur les cinq dernières années (si on compare 2014 à 2018, la progression est de 371%).

VIVE LE savoir-être ?  

Les recruteurs attendent des jeunes talents un sens de l’adaptabilité, de l’écoute, un esprit d’initiative mais aussi de la rigueur, un sens du relationnel et une bonne dose de curiosité. « Le collaborateur à l’intelligence émotionnelle élevée a la capacité de revoir ses positions, de changer d’avis quand une idée meilleure lui est présentée. Fort de sa confiance en sa vision et ses idées, en sa propre capacité de jugement, il reste à l’écoute, n’est jamais fermé aux idées nouvelles, aux points de vue différents, afin de toujours pouvoir évoluer... quitte à modifier le chemin qui lui permettra d’atteindre ses objectifs pour s’enrichir, réfléchir, afin de mieux décider et agir », précise Frédéric Fougerat.

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Le diplôme compte encore

Les employeurs, qu’ils soient en agence ou du côté de l’annonceur (client) restent visiblement et majoritairement sensibles aux diplômes, comme le montrent les réponses à la question « Attachez-vous de l’importance aux diplômes ? ». Sur les cinq dernières années en effet, ce document est devenu une priorité (poussée de l’attrait du diplôme en 2015 à 82%). Les recruteurs et les chefs d'entreprise comptent également sur ces nouveaux profils pour maîtriser des langues étrangères, utiles à la réalisation de projets et les rendant plus agiles en matière de relationnel. Sans surprise, la maîtrise de l'anglais domine. 

Anglais et langues étrangères PARLÉES pleese

Il est légitime de vérifier la place de la maîtrise de l’anglais dans les recrutements dans le secteur de la Communication. Toutefois, les recruteurs ont plusieurs niveaux d’exigence à ce sujet. Alors que certains jugent la pratique indispensable, d’autres la mentionnent comme « un plus ». Certains, enfin, ne la prennent pas en considération. Mais nombreux parmi eux sont certains de vous recruter si vous êtes savant et polyglotte.

Zoom sur les spécialités

À la question « Dans vos recrutements, recherchez-vous plutôt des profils généralistes ou des profils plus spécialisés dans un type de communication ? », la réponse est majoritairement tournée en faveur des profils généralistes. Bien entendu, il existe des nuances mais la plupart du temps, ce détail du profil intéresse en priorité. Soyons donc tout simplement ouvert d’esprit et pas forcément expert dans un ou plusieurs domaines en particulier… Le baromètre précise toutefois que les agences sont, en toute logique plus que les annonceurs, à la recherche de profils spécialistes pour garantir à l’annonceur les compétences dont ce dernier ne dispose pas en interne.

en orange généraliste, en bleu spécialiste

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Quel contrat pour quel salaire ?

Autre point mentionné par le document : le salaire à l’embauche. En ce qui concerne le statut cadre, ce dernier représente en moyenne 4 embauchés sur 10 (41,2%). Un chiffre relativement stable sur les 5 années de l’enquête, même si les années 2017 (avec 47% de statut cadre) et 2018 (avec 43%) se démarquent légèrement. Pour briser les idées reçues également, le baromètre approfondit la question du statut en entreprise, venant prouver que contre toute attente, les métiers de la communication offrent fréquemment des postes en CDI. En moyenne, on trouve 6 embauchés sur 10 qui obtiennent un contrat à durée indéterminée (59,9% exactement ; mouvement se conformant sur les deux dernières années (avec respectivement 65% et 66,4%). Côté salaires, eux aussi ont évolué au cours des 5 dernières années. Ainsi, les salaires à l’embauche de moins de 20 000 € sont de moins en moins proposés, passant de 34% en 2014 à 23% en 2018. A l’inverse, les salaires supérieurs à 30 K€ sont en progression, passant de 20% à 29%. Dans une moindre mesure, la tendance est semblable pour les alaires compris entre 21 et 25 K€ (tendance à la baisse) et pour les salaires compris entre 26 et 30 K€ (tendance à la hausse).

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Que retenir alors ? Que dans les différents secteurs de la communication, il y a désormais une grande variété d’offres et d’opportunités, aussi grâce au développement de son réseau personnel, de son école, ou encore de la progression des formations en alternance. On en retient donc que la communication digitale s’impose chez l’annonceur (appelée à se digitaliser davantage et les Directions de la Communication à la recherche de profils tech) et que, en parallèle, la communication événementielle se digitalise elle aussi, un peu plus chaque jour (les marques souhaitant recréer du lien avec leurs cibles, salariés et collaborateurs autour de diverses expériences).

Méthodologie :  Le baromètre des métiers de la communication a été initié en 2013 par le Conseil de Perfectionnement de SUP’DE COM, l’Ecole Supérieure de Communication, avec pour objectif de mieux appréhender les recrutements dans ce secteur. Administré chaque année, il questionne entre janvier et avril les professionnels, les services de communication intégrée chez l’annonceur (en moyenne sur les 5 années 74% des répondants) et les agences de communication (en moyenne 21% des répondants), régies et médias en faisant aussi partie à 5% des répondants. Du côté des entreprises, celles de plus de 100 salariés représentent en moyenne sur les 5 ans 46% du panel, et les entreprises de plus de 49 salariés, 67% du panel. En moyenne sur les 5 ans, 250 entreprises participent à ce baromètre. 

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